samedi 29 novembre 2014

Un climat méditerranéen à Bordeaux ?

Pour CAPES et Agreg
Thèmes : climat, réchauffement, effet de serre, cycle de l'eau




Le réchauffement climatique dû aux activités humaines est une réalité bien ancrée maintenant mais les conséquences précises de cette évolution du climat à l'échelle régionale en France sont encore mal connus. D'où l'intérêt d'un colloque ce vendredi à Bordeaux qui essaie de faire le point sur la question pour le Sud-Ouest de la France (Aquitaine/Midi-Pyrénées en gros). 

Entre 1960 et 2010, les températures moyennes annuelles régionales ont déjà augmenté de 1°C (et ce n'est pas l'année 2014 qui va arranger les choses : le 23 novembre il a fait 26°C à Biarritz pour ne citer que cette date mais c'est un épisode d'une longue série). Qui dit plus de chaleur, dit plus d'évapotranspiration des végétaux. Or les précipitations ont diminué : de 1960 à 2010 on est passé de 1100 mm/an à 900 mm/an (baisse de près de 20%). De nombreuses rivières ont leur débit qui baissent, impactant également l'agriculture (c'est dans ce contexte qu'a lieu la "bataille" autour du barrage de Sivens). 

D'après un rapport de l'Agence de l'eau Adour-Garonne, c'est carrément un climat méditerranéen qui s'installera en Aquitaine. Les modèles montrent que la température pourrait augmenter de 1,5°C à 2,8°C supplémentaires d'ici 2050. La vallée de la Garonne aurait des étés particulièrement secs et torrides. Les chutes de neige sur les Pyrénées devraient diminuer de 35 à 60%. Du coup, les rivières ne bénéficieront plus d'apport d'eau important à la fonte du printemps et la période de basses eaux va commencer plus tôt, au moment où la végétation a le plus besoin d'eau. En parallèle, les besoins en eau vont augmenter (on prévoit un million et demi d'habitants supplémentaires dans la région). 

L'agriculture sera donc fortement impactée. Le développement du maïs serait avancé de 15 jours et les rendements de cette culture particulièrement exigeante en eau va baisser. Les agriculteurs devraient se tourner vers des cultures moins gourmandes en eau comme le sorgho ou le tournesol et devraient utiliser des méthodes d'irrigation modernes comme le "goutte à goutte". 

Il n'y a pas que le vin qui sera précieux à Bordeaux...
 

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samedi 8 novembre 2014

Un bébé système solaire fait "cheeeeese"

Pour CAPES et Agreg

Thèmes : astronomie, système solaire

C'est une image qu'on n'imaginait jamais voir "en vrai" mais seulement en image de synthèse : la formation d'un système planétaire autour d'une jeune étoile. 



Et la voilà prise par les antennes radiotélescopiques ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array) au Chili. Il s'agit d'un disque protoplanétaire, constitués de gaz et de poussières où la matière s'entrechoque pour former des éléments plus gros qui formeront par la suite des planètes. Au centre de ce disque, une jeune étoile, HL Tauri, non (encore) visible à l'oeil nu, qui se trouve dans la région de la constellation du Taureau à 450 années-lumière de la Terre. Cette étoile était difficilement visible jusqu'à présent même avec le Télescope spatial Hubble car caché par une nébuleuse. HL Tauri est vraiment très jeune et n'a pas plus d'un million d'années et ses réactions thermonucléaires ne sont pas encore enclenchées. Elle se serait formée par l'effondrement gravitationnel d'une partie de la nébuleuse qui nous la cache.

Le disque protoplanétaire autour de cette étoile fait en diamètre six fois la distance Soleil-Neptune. Les vides observés en anneau sont la marque de planètes en formation qui ont "nettoyé" leur orbite par leur gravité. C'est un résultat révolutionnaire car les différents modèles n'ont jamais simulé la formation de planètes aussi tôt dans la séquence de développement d'une étoile. La formation de l'étoile et des planètes semble avoir lieu simultanément et non selon la séquence l'étoile d'abord puis éventuellement les planètes ensuite. Les spéculations vont même jusqu'à imaginer que toute formation d'étoile s'accompagne de formations de planètes, ce qui est encore non démontré. 

Ce que nous voyons sur cette image est néanmoins sans doute très similaire à ce qu'il s'est passé il y a 4,57 milliards d'années lors de la formation de notre système solaire.


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