lundi 2 janvier 2017

Un vaccin efficace contre le virus Ebola

Pour PrépaCAPES et PrépaAgreg
Thèmes : vaccin, virus, système immunitaire


 
Image colorisée montrant des particules virales Ebola (en vert) bourgeonnant de cellules de rein (en brun) d'un singe infecté et envahissant le milieu extracellulaire réalisée par microscopie électronique en transmission (https://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_%C3%A0_virus_Ebola)

Le virus Ebola est un virus à ARN monocaténaire avec un génome de 19 kilobases enfermé dans une capside protéique très allongée. Il provoque de fortes fièvres accompagnées d'hémorragie puis d'insuffisances rénales et hépatiques provoquées par une coagulation vasculaire disséminée qui va déclencher des nécroses dans les organes vitaux par manque d'alimentation d'oxygène. Ses principales cibles sont les cellules endothéliales, les cellules phagocytaires mononucléaires du système immunitaire (macrophages, cellules dendritiques...) et les hépatocytes.

Le taux de mortalité est très élevé (de 25 à 90% selon les souches). La dernière flambée épidémique a eu lieu en Afrique de l'Ouest en 2014 et 2015 et a fait 11 323 morts (officiels). Le virus se transmet de plus assez facilement d'homme à homme via les fluides corporels.

Des chercheurs ont publié dans la revue médicale The Lancet en Décembre 2016 les résultats d'un test de grande ampleur réalisé en Guinée sur un nouveau vaccin appelé
rVSV-ZEBOV et ils sont très encourageants. Ce vaccin avait été au préalablement essayé sur des modèles animaux (cobaye, souris, macaque rhésus). Le test a porté sur plus de 11 500 personnes en double aveugle. Parmi les vaccinés aucun n'est tombé malade (alors que certains avaient été en contact avec des patients atteints par Ebola) alors que parmi les personnes à qui on a injecté le placebo, 23 cas se sont déclarés sur la même période. Il faut compter 10 jours en le moment de la vaccination et la protection effective. 

Schéma représentant la structure du virus Ebola

Pour faire ce vaccin les chercheurs ont utilisé un virus proche, celui du VSV (Virus de la Stomatite Vésiculaire) d'où le nom du vaccin rVSV-ZEBOV pour recombinant Vesicular Stomatitis Virus-Zaire EBOlaVirus. Il lui ont fait exprimer la glycoprotéine GP qui se trouve habituellement sur la capside d'Ebola et qui lui permet de s'accrocher aux cellules endothéliales. Le système immunitaire des injectés avec le virus VSV recombinant vont produire des anticorps contre GP. Lors d'une attaque d'Ebola, les anticorps seront déjà présents et la réponse immunitaire contre le virus sera très rapide. Il sera empêché de pénétrer dans ses cellules cibles. 

Il reste à savoir si la protection sera efficace à long terme (pour l'instant il n'y a qu'un recul de 6 mois) et si des rappels seront nécessaires.

Voir cet article.
Article scientifique du Lancet

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